Le commerce d’animaux sauvages provoque une disparation accrue de 62% des espèces menacées

Par Metro

Python royal, pangolin, ivoire des éléphants d’Afrique, cornes des rhinocéros de Java, etc. Bien qu’illégal, le commerce des animaux sauvages fait rage. Selon une nouvelle étude, il entraînerait une disparation accrue de 62% de plus de 100 espèces concernées, dans les régions où elles sont traquées. 

Cette méta-analyse publiée dans Nature Ecology and Evolution a été dirigée par Oscar Morton, chercheur au Département des sciences animales et végétales de l’université de Sheffield (Angleterre) et compile plus de 30 recherches.

Première du genre à quantifier l’impact du commerce légal et illégal d’espèces sauvages, la recherche a porté sur 133 espèces animales terrestres, dont 99 espèces de mammifères, 24 espèces d’oiseaux et 10 espèces de reptiles. Les plus menacées d’entre elles – souvent les plus petites – sont proches de l’extinction, avec une réduction moyenne de reproduction estimée à 81%. Les singes-araignées et les tapirs de Baird (que l’on trouve principalement en Amérique centrale) ayant diminué de 99,9%.

Un commerce extrêmement lucratif

L’étude précise que le commerce illégal d’espèces sauvages pourrait représenter jusqu’à 23 milliards $ (soit environ 19 milliards €), avec un trafic de plus de 100 millions d’animaux par an. Au niveau mondial, l’abondance des espèces aurait diminué de 62%. Les réductions impliquant un commerce national ou international ont été les plus importantes, entraînant des déclins respectifs de 76% et de 66%.

Cette exploitation animale produit également un effet sur le déclin de la faune sauvage dans les zones protégées, qui s’élèverait à 56%, d’après une étude parue en 2019 dans la revue Science, intégrée dans les travaux d’Oscar Norton. 

« Empêcher un déclin généralisé »

D’autres espèces animales et végétales telles que les amphibiens, les invertébrés ou les plantes type cactus ou orchidées sont elles aussi susceptibles de subir un déclin important compte tenu de leur exploitation commerciale dans le monde, bien que les données à ce sujet soient insuffisantes pour obtenir des chiffres solides, estiment les chercheurs de l’université de Sheffield. 

« Une meilleure gestion, s’attaquant à la fois à la demande non durable et aux rapports sur le commerce, doit être une priorité de conservation pour empêcher un déclin généralisé induit par le commerce », concluent les chercheurs.