La communauté de la faune sauvage pleure le décès prématuré du colonel Ali Laoual Abagana du Niger, un pilier de protection de la faune sauvage

Par Rosie Awori

Le colonel Abagana était un expert de la faune sauvage et des aires protégées qui a travaillé sans relâche pour la protection des habitats, de la faune et de la flore, ainsi que pour une gestion durable de la biodiversité au Niger. Abagana a renforcé la conservation de la faune sauvage du Niger avec un succès sans précédent, notamment en ce qui concerne le rétablissement des girafes, des éléphants et de nombreuses autres espèces dans le pays, ainsi qu’à l’échelle du continent. Il était également un chercheur accompli et finalisait une thèse sur la socio-écologie et les dimensions humaines des girafes dans la Réserve de Garabedji au Niger.

Sa carrière s’étendait sur plus de deux décennies et, au moment de son décès, il était le coordinateur du projet de corridors fauniques au Niger dans le cadre du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).  Avant cette affectation, il a occupé le poste de directeur national adjoint des parcs nationaux et des réserves de faune au Niger. Il a également été le chef du projet de développement des forêts naturelles et a travaillé directement dans la lutte contre la désertification de la région de Tchirozérine. Il a été membre de la délégation du Niger à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). À ce titre, il a également siégé au comité permanent de la CITES en tant que représentant de l’Afrique.

Lors de la dernière Conférence des Parties à la CITES (CoP18), qui s’est tenue en Suisse en 2019, Abagana a plaidé avec succès pour le renforcement de la protection des cinq sous-espèces de girafes africaines. Ce fut un moment historique, car les effectifs de la population de girafes à l’échelle du continent étaient sur le déclin.  Près de 40 000 spécimens de girafe avaient été commercialisés au cours de la dernière décennie précédant la réunion et, sans restriction du commerce international, cette espèce emblématique aurait probablement connu l’extinction à l’état sauvage.

En tant que membre de la délégation nigérienne à la CITES, M. Abagana a également participé activement à la campagne visant à renforcer la protection des éléphants d’Afrique contre le braconnage, le commerce de l’ivoire et l’exportation d’éléphants vivants vers des pays non africains. Lui et son pays ont participé activement à la Coalition pour l’éléphant d’Afrique (AEC), un consortium de plus de 30 pays africains, qui appelle à une réglementation plus stricte du commerce des éléphants et de leurs parties.

M. Abagana a participé activement aux plans de développement des parcs et réserves du Niger, tels que la réserve de faune de Gadabedji. Il encourageait la participation du public en impliquant les communautés locales et en fournissant des informations et des moyens de gérer les ressources naturelles au niveau local.

Sa mort a privé la communauté de protection de la faune sauvage d’un champion charismatique et nombre de ses proches collègues ont exprimé leurs condoléances et leur chagrin. Hédia Baccar, collègue de longue date de la Fondation Franz Weber, une organisation à but non lucratif qui travaille directement avec les États membres de l’AEC, a été profondément choquée : “Tu vas me manquer. Les réunions de l’AEC ne seront plus les mêmes sans toi”, a-t-elle déclaré.

Patrick Omondi, directeur de la biodiversité, de la recherche et de la planification au sein du Kenya Wildlife Service, qui est également un pilier de longue date de l’AEC, a exprimé ses condoléances par écrit : “Mes profondes condoléances à la famille d’Ali Abagana, que son âme repose dans la paix éternelle. Avec nos collègues de l’AEC, nous prions pour sa famille en ces temps difficiles”, peut-on lire dans le message.

Un autre collègue de l’AEC, le Colonel Major Bourama Nigate du Mali, a également exprimé sa sympathie et sa compassion : “Toutes mes condoléances à la famille d’Ali Abagana, qu’Allah le tout-puissant et tout miséricordieux lui pardonne ses péchés et l’accueille au Jannat (paradis) et que son âme repose en paix”.

Ali Abagana laisse un énorme vide mais ses contributions à la conservation en Afrique ne seront pas oubliées. Elles serviront d’inspiration pour de nombreuses générations à venir.

Rosie Awori est une journaliste kenyane, rédactrice principale et stratège en communication d’entreprise au Pan African Wildlife Conservation Network.

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